Je suis allée voir le film Gourou, et l’ennui m’a tenu compagnie du début à la fin. Il ne méritait pas vraiment que j’en parle, mais il m’a offert un prétexte : celui d’aborder ce qui derrière lui, mérite profondément d’être dit.
Le film Gourou aurait pu être une offrande. Un miroir tendu à notre époque. Mais malgré les efforts sincères de Pierre Niney, l’acteur principal du film, les mots sonnent creux, les dialogues s’effritent et l’ensemble vacille dans une vacuité presque gênante. Un film médiocre, pour ne pas dire absent à lui-même. Et pourtant, derrière cette œuvre manquée, une vérité plus vaste murmure…
Ce qui devait être un chemin vers l’intérieur est devenu un marché de concepts. Un carnaval new age où l’on vend des vibrations comme on vend des parfums, où l’on promet des « activations » comme on promet des miracles, où l’on parle d’univers pour éviter de prononcer le nom de Dieu.
Les âmes en quête y arrivent fragiles, ouvertes, vulnérables. Elles cherchent une main, une direction, un souffle. Mais trop souvent, elles rencontrent des guides qui eux-mêmes vacillent, des accompagnants qui veulent sauver pour ne pas se sauver eux-mêmes, des êtres qui parlent de lumière qui vous vendent des transformations illusoires, pour ne pas regarder leur propre ombre.
Et au milieu de ce tumulte, un mot sacré est jeté comme un caillou dans l’eau : Gourou. Pourtant, en sanskrit : GU est la nuit, l’ignorance, l’oubli. RU est la flamme qui dissipe, qui perce, qui révèle.
Le Guru est celui qui éclaire les ténèbres, celui qui ne brille pas pour lui-même, mais pour montrer ce qui a toujours été là. Un vrai Guru ne séduit pas. C’est un silence qui ouvre, un miroir qui tranche. Et c’est pour cela que le monde manque de véritables Gourous : parce qu’un vrai Guru ne flatte pas l’ego, il le dépouille.Il ne caresse pas les illusions, il les brûle.
Dans la vérité la plus haute, il n’existe qu’un seul Gourou : Dieu. Le reste n’est que reflet, écho, souffle, pédagogie provisoire.
Le milieu de l’accompagnement a oublié cette verticalité. Il a remplacé la prière par des affirmations bidons. La reliance par des techniques, la transcendance par des concepts, le sacré par le marketing.
Mais sans Dieu, il manque l’essentiel : la Source, la Lumière, la Voix, le Centre. Sans Dieu, l’accompagnement devient un pansement posé sur une blessure spirituelle.
Le seul Gourou éternel, le seul qui ne trompe pas, le seul qui ne vacille pas, c’est Dieu.
À votre discernement,
Ameyo Malm